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COMPAGNIE CADENCES
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BARREAUX - Intentions de mise en scène Depuis Antigone, les héros tragiques se battent pour enterrer leurs morts. Mais l’enterrement n’a vraiment lieu qu’une fois le travail de deuil terminé. Dans « Barreaux », la femme et la fille d’un homme mort quinze ans auparavant se retrouvent dans le parloir d’une prison. Aucune des deux n’a pu faire son deuil du disparu. C’est que l’une a du sang sur les mains pour avoir tué son mari, tandis que l’autre a perdu la mémoire suite à la mort de son père. Les deux femmes voudraient pouvoir assumer leur passé pour retrouver la paix intérieure. Mais une complicité inattendue les unit. Elles sont aussi mère et fille, séparées depuis des années. Alors elles n’ont pas une seconde à perdre. L’une cherche à satisfaire à tout prix son amour envers sa fille et son désir de mieux la connaître. L’autre recherche fiévreusement ses racines. Elles en oublient presque leur idée de départ qui était de terminer ensemble leur travail de deuil. Mais qu’en pense le mort, lui qui attend d’être enterré depuis tant d’années ? Autorisera-t-il les deux femmes à se retrouver alors que les circonstances de sa mort restent mystérieuses ? Le rappel du passé sera-t-il sans conséquence ? Certains pensent qu’on n’écrit plus de tragédie de nos jours. Mais la grandeur des émotions, l’éclat du dénouement et le présage de la mort de l’héroïne au début de la pièce font de « Barreaux » une véritable tragédie moderne : « La meilleure façon de se foutre en l’air ici c’est de rentrer une pierre. Avec une bonne pierre t’arrives à rendre coupant n’importe quel bout de métal et puis après tu peux te trancher ». Par moment la légèreté et le comique reprennent le dessus, grâce à une écriture chaleureuse et souple. Naviguant sans cesse entre ces deux extrêmes, « Barreaux » est une pièce imprévisible et pleine d’humanité. Sibel Chulliat |
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